
Martin Scorsese utilise l'IA pour ses prochains storyboards
L'information a fait l'effet d'une détonation à Hollywood : Martin Scorsese a annoncé s'associer à la startup Black Forest Labs pour utiliser l'IA générative lors de la phase de storyboarding de ses futurs films. Le réalisateur défend un outil de travail pour accélérer sa vision, quand une partie de l'industrie y voit une menace pour les artistes. Détails et contexte d'une annonce qui cristallise les débats actuels sur l'intelligence artificielle dans la création.
Pourquoi Scorsese intègre l'IA dans son processus
À 82 ans, Martin Scorsese n'en est pas à son coup d'essai technologique. Le cinéaste a souvent exploré de nouveaux outils pour structurer ses films complexes. Son argument pour justifier l'usage de l'IA générative se résume à un besoin d'immédiateté.
Dans une interview accordée à Variety, il explique que cet outil lui permet de communiquer sa vision de façon instantanée à son équipe technique et à ses acteurs. Plutôt que de dessiner ou d'expliquer longuement un cadrage, l'IA génère une image en quelques secondes à partir d'une description textuelle. Scorsese parle d'un procédé « libérateur sur le plan créatif ».
Son investissement dans Black Forest Labs, la société à l'origine du modèle Flux, n'est donc pas un simple coup médiatique. C'est l'adoption d'un outil qu'il juge utile pour la préproduction d'un de ses prochain projets, un film dont le titre n'a pas encore filtré.
La controverse : outil de travail ou menace pour les artistes ?
L'annonce a immédiatement déclenché une vague de critiques. Le quotidien The Guardian titre que le réalisateur est accusé de « jeter les artistes sous le bus ». Des communautés d'illustrateurs, déjà mobilisées contre l'IA générative, voient dans ce geste une légitimation d'une technologie qui remplace le travail humain.
Le storyboard est traditionnellement réalisé par des dessinateurs spécialisés. Utiliser une IA pour cette tâche soulève la question de l'avenir de ces métiers. Les modèles actuels ont été entraînés sur des millions d'images protégées par le droit d'auteur, sans le consentement ni la rémunération des auteurs originaux. Pour les détracteurs, l'argument de la vitesse ne justifie pas l'éviction d'un artisanat clé de la préproduction cinématographique.
Hollywood divisé face à l'IA
La position de Scorsese tranche avec celle d'autres réalisateurs de sa génération. Guillermo del Toro a récemment déclaré qu'il « préférerait mourir » plutôt que d'utiliser l'IA générative, comparant les créateurs de ces modèles à des apprentis sorciers. Steven Spielberg a lui aussi exprimé des réserves, estimant que l'IA risque de remplacer la créativité humaine.
À l'inverse, d'autres acteurs de l'industrie voient l'IA comme un accélérateur inévitable. Le festival de Cannes 2026 a d'ailleurs accueilli plusieurs débats sur l'intégration de ces outils dans les processus créatifs, soulignant une industrie en pleine mutation.
| Position | Réalisateurs concernés | Argument principal |
|---|---|---|
| Ouverture contrôlée | Martin Scorsese | L'IA comme outil d'évolution du cinéma |
| Opposition ferme | Guillermo del Toro, Steven Spielberg | Protection de l'âme et de l'artisanat du cinéma |
L'IA générative : un outil de préproduction parmi d'autres
En dehors des débats éthiques, il faut comprendre ce que fait concrètement l'IA dans ce contexte. Un modèle comme Flux de Black Forest Labs génère une image à partir d'un prompt textuel. Pour un réalisateur, l'intérêt réside dans la rapidité d'itération.
Le processus se rapproche d'une recherche visuelle avancée. Le réalisateur teste un cadrage, un éclairage ou une composition en quelques minutes. L'image générée n'a pas vocation à être diffusée au public ; elle sert de référence interne. L'IA agit ici comme un assistant visuel, un moyen de matérialiser une idée avant de la confier à d'autres départements comme la décoration ou la photographie.
Sources
- The Guardian : Martin Scorsese accused of 'throwing artists under bus' with AI
- Variety : Martin Scorsese Backs AI Company and Says He's Using It to Storyboard Movies
- Première : Que pense Steven Spielberg de l'IA dans le cinéma ?
Pour quel film Martin Scorsese utilise-t-il l'IA ?
Le titre du film n'a pas été officiellement communiqué. On sait seulement que l'outil IA est utilisé pour le storyboarding d'un projet en cours de préproduction.
Quelle entreprise d'IA Martin Scorsese soutient-il ?
Martin Scorsese a investi dans Black Forest Labs, la startup à l'origine du modèle génératif Flux.
L'IA va-t-elle remplacer les dessinateurs de storyboard ?
C'est le coeur de la controverse. Si l'IA accélère la phase de recherche visuelle pour certains réalisateurs, elle menace directement l'emploi des artistes storyboarders, d'où la forte réaction des professionnels du secteur.





