Sondage DuckDuckGo contre l'IA

Un sondage lancé par DuckDuckGo devient viral : 93% des utilisateurs ne veulent pas d'IA

DuckDuckGo a osé poser la question qui fâche à ses utilisateurs : voulez-vous de l'intelligence artificielle intégrée à votre moteur de recherche ? La réponse a été un NON retentissant, à hauteur de 93 %. Ce résultat est fascinant. Il ne s'agit pas seulement d'un rejet de la technologie, mais d'une exigence de contrôle et de simplicité.

Un vote inédit qui devient viral

Il y a quelques jours, DuckDuckGo a mis en ligne une page de vote publique : VoteYesOrNoAI.com. L'idée était simple : demander à la communauté ce qu'elle pensait de l'omniprésence de l'IA dans les résultats de recherche. Le sondage a rapidement dépassé le cadre du simple test interne pour devenir viral sur LinkedIn et les réseaux sociaux, attirant plusieurs dizaines de milliers de participants.

Ce qui a marqué les esprits, c'est la clarté du résultat. À l'heure où Google et Bing s'efforcent d'imposer des réponses générées par l'IA (souvent au détriment des liens sources), la base d'utilisateurs de DuckDuckGo a tiré la sonnette d'alarme. Ce n'est pas de la luddophobie irrationnelle, c'est un choix d'usage.


Sondage
Résultats du sondage lancé par DuckDuckGo au 20 janvier 2026

Pourquoi un tel rejet ?

Comment expliquer que 9 personnes sur 10 disent "non merci" à l'IA ? Il ne s'agit pas d'un rejet aveugle de la technologie, mais d'une défense active contre une dérive du Web. En analysant les commentaires et la philosophie des utilisateurs de DuckDuckGo, trois blocages majeurs apparaissent clairement.

D'abord, la vie privée, qui est l'ADN même de DuckDuckGo. L'IA générative classique, pour fonctionner, envoie souvent vos requêtes vers des serveurs tiers puissants (comme ceux d'OpenAI ou de Meta). Même si le moteur promet une anonymisation, l'idée qu'un algorithme distant puisse analyser l'intention de ma recherche heurte de front la raison d'être de cet outil : ne pas être traqué.

Ensuite, la fiabilité de l'information. Les modèles de langage ont la fâcheuse tendance à "halluciner", c'est-à-dire à inventer des citations, des dates ou des faits avec une confiance absolue. Pour un chercheur, un développeur ou un étudiant, c'est inacceptable. Le moteur de recherche classique offre un contrôle : on voit la source, on juge l'auteur, on vérifie le contexte. L'IA synthétise, mais elle masque souvent l'origine des données, transformant la recherche en une boîte noire.

Enfin, il y a le problème de la sobriété de l'interface. L'ajout de réponses IA alourdit considérablement les pages de résultats. Ce qui devait être une liste de liens rapides devient une page encombrée de textes longs et souvent verbeux. Les utilisateurs de DuckDuckGo apprécient justement la rapidité et la légèreté de l'outil. Ils ne veulent pas que leur recherche soit ralentie par un algorithme qui cherche à leur tenir la main.

La vision "Privée, Utile et Optionnelle" de DuckDuckGo

Il serait faux de croire que DuckDuckGo est anti-IA. L'entreprise développe en réalité des fonctionnalités IA depuis des mois, mais avec une approche radicalement différente de la concurrence. Leur mantra est "Private, Useful and Optional" (Privée, Utile et Optionnelle).

Concrètement, cela signifie que si vous ne voulez pas voir d'IA, vous ne la verrez jamais. Les réponses assistées par l'IA peuvent être désactivées complètement dans les paramètres. De plus, leur service de chat, Duck.ai, utilise un système de proxy qui anonymise vos requêtes avant de les envoyer aux modèles (comme GPT-4o ou Llama 3). DuckDuckGo ne voit pas ce que vous demandez à l'IA, et l'IA ne sait pas qui vous êtes. C'est cette transparence et cette absence de forcing qui séparent une bonne intégration d'une mauvaise.

Une question de sobriété avant tout

Il y a une lassitude palpable face à la "tech pour la tech", notamment chez ceux qui touchent au code ou aux jeux vidéo. On nous vend des fonctionnalités dont on n'a pas besoin, qui alourdissent les logiciels et dégradent les performances. Le résultat de ce sondage est rassurant à cet égard.

Les utilisateurs veulent des outils efficaces, pas des copains virtuels qui leur racontent leur vie. Quand je fais une recherche, je veux des liens, des faits, de la vitesse. Pas un résumé poétique qui pourrait être faux. L'IA a son utilité, notamment pour la programmation ou l'art génératif, mais dans un moteur de recherche, elle doit rester une option, jamais la porte d'entrée par défaut.

Une leçon pour les GAFAM

Ce vote à 93 % est un avertissement lancé à Google et Microsoft. Imposer l'IA de force à tous les utilisateurs est une erreur stratégique. Nous ne sommes pas obligés d'accepter que notre flux d'information soit filtré et résumé par une boîte noire, aussi intelligente soit-elle.

La clé de l'adoption de l'IA n'est pas l'exclusivité, mais la personnalisation. Donner le choix, comme le fait DuckDuckGo, c'est respecter l'intelligence de l'utilisateur. C'est une approche qui mérite d'être saluée et qui, paradoxalement, pourrait fidéliser davantage que les fonctionnalités imposées.

Sources


Quel est le résultat du sondage de DuckDuckGo sur l'intelligence artificielle ?

Le sondage a révélé que 93 % des participants ont voté contre l'intégration de l'IA dans leur moteur de recherche, exprimant une préférence pour des résultats classiques sans intervention de l'intelligence artificielle.

DuckDuckGo va-t-il supprimer l'IA de son moteur de recherche ?

Non. DuckDuckGo a confirmé maintenir ses fonctionnalités IA, mais insiste sur leur caractère facultatif. Le vote sert de baromètre d'opinion et renforce leur volonté de ne jamais imposer l'IA par défaut.

Comment DuckDuckGo protège-t-il les données lors de l'utilisation de l'IA ?

DuckDuckGo utilise un système de proxy anonymisant pour ses chats IA (Duck.ai). Cela signifie que vos requêtes sont envoyées aux modèles d'IA sans être liées à votre adresse IP ni stockées par DuckDuckGo.

Pourquoi les utilisateurs de DuckDuckGo rejettent-ils l'IA dans les résultats de recherche ?

Les principales raisons citées sont la protection de la vie privée, la peur de la désinformation (hallucinations de l'IA) et l'alourdissement de l'interface utilisateur au détriment de la rapidité et de la clarté des résultats.

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