
J'ai changé d'avis : Oui, mon métier de dev va disparaitre avec l'IA
Pendant longtemps j'ai pensé qu'on exagérait. Que le "vibe coding" était un délire boosté à coups de post Linkedin. Que l'IA restait un outil puissant, mais un outil quand même.
Je me trompais.
Après avoir donné cours et vu concrètement ce qu'il se passe, je suis obligée de l'admettre : le développeur tel que je l'ai connu est en train de disparaître. Pas dans 20 ans. Maintenant.
Je refuse de nier l'évidence
L'IA écrit du code propre. Elle comprend des bases de code complètes. Elle refactorise. Elle propose des architectures cohérentes. Et elle le fait vite.
On peut minimiser. Dire que ce n'est qu'un assistant. Mais ce n'est plus vrai.
La production de code n'est plus compliqué, la production de code n'est plus rare. Et quand quelque chose n'est plus rare, sa valeur baisse mécaniquement.
Le déclic : des étudiants bloqués par des tokens
Le moment le plus frappant ? Des étudiants incapables d'avancer parce qu'ils n'avaient plus de tokens (des crédits pour utiliser l'IA).
Pas bloqués par un problème d'algorithmique.
Pas bloqués par une incompréhension d'architecture.
Bloqués parce que l'outil s'arrêtait.
Leur capacité à développer repose presque entièrement sur l'IA. Ils savent quoi demander. Ils savent structurer un prompt. Mais sans l'outil, plus rien.
Et au fond, pourquoi leur reprocher ? Si l'IA produit un résultat correct 80 à 90 % du temps, pourquoi investir des années à apprendre à faire soi-même ? Pourquoi comprendre comment ça marche "derrière" ?
Le discours du "chef d'orchestre" est un déni
On entend partout que "le métier change" et que le développeur devient un "chef d'orchestre".
Je pense que c'est un discours rassurant. Mais faux dans le fond. Une rengaine pour ceux qui veulent fermer les yeux.
Ce n'est pas une évolution douce. C'est un déplacement brutal de la valeur. Beaucoup de développeurs — et je les comprends — préfèrent reformuler cela comme une montée en responsabilité plutôt qu'une perte de terrain.
Mais superviser un système généré par IA n'est pas la même chose que construire soi-même. Ce n'est pas la même implication. Pas la même satisfaction. Pas le même métier.
Ce qui va réellement changer
En tant que développeuse senior, je trouverai probablement toujours du travail. La responsabilité humaine ne disparaît pas.
Ce qui m'inquiète davantage, ce n'est pas l'employabilité. C'est le plaisir.
Si l'essentiel du code est généré, si l'acte de construire devient secondaire, est-ce que je prendrai encore autant de satisfaction dans ce métier ?
La vraie question n'est peut-être pas "vais-je devenir obsolète ?" mais "vais-je encore aimer ce que ce métier devient ?"
Le métier de développeur va-t-il disparaître avec l'IA ?
Le métier de développeur ne disparaît pas totalement, mais sa forme évolue fortement. La production de code standard devient automatisée, ce qui réduit la valeur du développeur exécutant. Les compétences liées à l'architecture, à la compréhension des systèmes complexes et à la responsabilité restent essentielles.
Qu'est-ce que le vibe coding ?
Le vibe coding désigne une pratique où un développeur génère du code principalement via des prompts d'intelligence artificielle, sans nécessairement maîtriser en profondeur la logique produite. L'efficacité repose davantage sur la qualité du prompt que sur la compréhension technique détaillée.
L'IA peut-elle concevoir une architecture logicielle fiable ?
Oui, les modèles d'IA actuels sont capables de proposer des architectures cohérentes et adaptées à de nombreux projets. Toutefois, les décisions finales doivent intégrer le contexte humain, organisationnel et business.
Comment rester pertinent en tant que développeur à l'ère de l'IA ?
Pour rester pertinent, un développeur doit intégrer l'IA dans son workflow tout en renforçant sa compréhension des systèmes, de l'architecture, des enjeux produit et des contraintes métier. La valeur se déplace progressivement de l'écriture de code vers la capacité à structurer et arbitrer la complexité.





