
Du coup OpenClaw c’était pas si ouf ?
Au début de 2026, OpenClaw incarnait presque à lui seul la promesse de l’agent personnel : une IA installée chez vous, connectée à vos outils, capable de se souvenir, d’exécuter des commandes et d’agir sans attendre un nouveau prompt à chaque étape. Quelques mois plus tard, le tableau est moins simple. Sur OpenRouter, OpenClaw a reculé dans le classement public des applications, tandis que Hermes Agent de Nous Research occupe désormais la première place. OpenClaw était-il surcoté, ou a-t-il surtout servi de prototype à une génération d’agents qui progresse très vite ?
OpenClaw devait transformer l’IA en assistant permanent
La force d’OpenClaw n’était pas de proposer un meilleur chatbot. Son intérêt venait de ce qu’il plaçait autour du modèle : mémoire persistante, accès au terminal, fichiers, navigateur, messageries, tâches planifiées et skills.
Pour la première fois, beaucoup d’utilisateurs pouvaient tester chez eux une IA qui ne se contentait plus de répondre. Elle pouvait enchaîner des actions et rester disponible en permanence.
Cette démonstration a compté. Elle a rendu concret un concept dont on parlait depuis longtemps : le LLM comme moteur d’un véritable agent logiciel. Mais elle a aussi créé une attente difficile à tenir. Un outil capable d’exécuter des commandes sur votre machine n’est utile que s’il comprend correctement la tâche, choisit les bons outils et sait s’arrêter lorsqu’il rencontre un doute.
Les statistiques OpenRouter montrent que la hype s’est déplacée
Le signal le plus intéressant vient d’OpenRouter, qui publie un classement des applications et agents dont le trafic est attribué sur sa plateforme.
Le 10 mai 2026, Hermes Agent venait déjà de dépasser OpenClaw en trafic quotidien : environ 224 milliards de tokens par jour pour Hermes contre 186 milliards pour OpenClaw, selon un relevé du classement OpenRouter publié à cette date.
Au 13 août 2026, l’écart de position est plus net. La page publique d’OpenRouter affiche Hermes Agent au rang quotidien #1 avec 34,6 T de tokens attribués, contre OpenClaw au rang #5 avec 4,58 T.
Il faut lire ces chiffres avec prudence. OpenRouter ne mesure pas tout l’usage d’OpenClaw : une installation peut appeler directement Anthropic, OpenAI, un serveur local ou un autre intermédiaire. Le classement ne permet donc pas de conclure que le nombre total d’utilisateurs d’OpenClaw s’est effondré. Il montre en revanche que l’usage agentique visible sur OpenRouter s’est fortement déplacé vers d’autres outils, et en premier lieu vers Hermes.

Le problème apparaît quand on demande à OpenClaw de travailler longtemps
OpenClaw reste impressionnant en démonstration. Une requête arrive dans Telegram, l’agent ouvre un fichier, lance une commande, consulte une page et renvoie le résultat. Sur une tâche courte et bien cadrée, l’effet est immédiat.
Les difficultés apparaissent avec les tâches longues. Plus l’agent doit prendre de décisions, plus une petite erreur peut contaminer la suite du travail. Il faut aussi gérer les permissions, les credentials, les erreurs d’outils et les cas où l’agent interprète mal une consigne.
Le benchmark WildClawBench, publié en mai 2026, teste justement des tâches longues exécutées avec de vrais outils dans plusieurs harnesses, dont OpenClaw, Claude Code, Codex et Hermes Agent. Même le meilleur modèle testé n’atteint que 62,2 % de réussite sous OpenClaw. Les auteurs observent aussi qu’un changement de harness peut déplacer le score d’un même modèle de jusqu’à 18 points.
Le constat est intéressant : le modèle ne suffit plus à expliquer les performances. La couche qui lui fournit ses outils, son contexte, sa mémoire et ses règles d’exécution devient une partie du produit.
Hermes Agent propose une autre réponse au même problème
Hermes Agent, développé par Nous Research, ressemble beaucoup à OpenClaw vu de loin. Il est open source, persistant, compatible avec de nombreux modèles et dispose d’outils, de mémoire, de tâches planifiées et de sous-agents.
La différence se trouve surtout dans la priorité donnée au cœur de l’agent. OpenClaw s’est construit comme une passerelle très large entre des modèles, des outils et de nombreux canaux de communication. Hermes met davantage en avant la mémoire persistante, la création de skills réutilisables et l’amélioration du comportement à partir des expériences précédentes.
Cette orientation semble trouver son public. OpenRouter décrivait déjà Hermes en juin comme son application la plus utilisée en volume de tokens, avec plus de 17 T traités à cette date. Deux mois plus tard, sa page publique affiche 34,6 T et le rang quotidien #1.
Ce volume ne prouve pas qu’Hermes compte davantage d’utilisateurs. Un agent qui travaille longtemps et génère beaucoup de trajectoires consomme naturellement davantage de tokens. Mais il montre qu’OpenClaw n’est plus seul à définir la manière dont un agent personnel doit fonctionner.
OpenClaw était peut-être le prototype, pas le produit final
Dire qu’OpenClaw « n’était pas si ouf » serait donc un peu facile. Le projet a montré à grande échelle qu’un LLM pouvait devenir le moteur d’un logiciel persistant relié au monde extérieur. Il a aussi exposé les problèmes qui arrivent avec cette autonomie.
Le vrai enseignement de 2026 est ailleurs : un agent est beaucoup plus que son modèle. Deux systèmes utilisant le même LLM peuvent obtenir des résultats différents selon la façon dont ils gèrent le contexte, les outils, la mémoire, les permissions, les erreurs et la vérification du travail.
C’est aussi ce qui explique la multiplication actuelle des agents spécialisés. La bataille n’est plus uniquement de savoir qui dispose du meilleur modèle. Elle porte sur le système qui lui permet de travailler proprement pendant dix, vingt ou cinquante actions consécutives.
OpenClaw n’a donc pas disparu. Sa position relative s’est banalisée à mesure que le marché a rattrapé son avance. Son héritage pourrait être moins celui d’un assistant personnel définitif que celui d’un prototype grandeur nature de l’informatique agentique.
Sources
- OpenRouter, OpenClaw : statistiques publiques, rang quotidien et volume de tokens attribués à OpenClaw.
- OpenRouter, Hermes Agent : statistiques publiques, rang quotidien et volume de tokens attribués à Hermes Agent.
- OpenRouter, guide Hermes Agent : présentation d’Hermes Agent et indication qu’il était déjà l’application OpenRouter la plus utilisée en volume de tokens en juin 2026.
- WildClawBench : benchmark de tâches agentiques longues comparant notamment OpenClaw, Hermes Agent, Claude Code et Codex.
- Hermes vs OpenClaw, relevé OpenRouter du 10 mai 2026 : relevé historique du trafic quotidien au moment où Hermes dépasse OpenClaw.
OpenClaw est-il encore utilisé en 2026 ?
Oui. OpenClaw reste l’un des principaux agents open source et figure toujours parmi les applications les plus actives sur OpenRouter. Son rang relatif a cependant reculé face à des concurrents comme Hermes Agent.
Hermes Agent a-t-il dépassé OpenClaw ?
Sur le classement public d’OpenRouter, oui. Au 13 août 2026, Hermes Agent est affiché au rang quotidien #1 alors qu’OpenClaw est #5. Cela mesure le trafic attribué sur OpenRouter, pas le nombre total d’utilisateurs de chaque outil.
Quelle est la différence entre OpenClaw et Hermes Agent ?
OpenClaw met fortement l’accent sur les intégrations, les canaux de messagerie et le rôle de passerelle entre outils. Hermes Agent met davantage en avant la mémoire persistante, les skills réutilisables et l’amélioration de l’agent à partir de ses expériences.
Les statistiques OpenRouter représentent-elles tous les utilisateurs d’OpenClaw ?
Non. OpenRouter ne voit que le trafic qui passe par sa plateforme et qui est attribué à l’application. Les appels directs à un fournisseur de modèles ou à un modèle local ne sont pas comptés dans ces statistiques.





