
Que pense le pape Léon XIV de l’intelligence artificielle ?
En visite en France les 25 et 26 septembre 2026, le pape Léon XIV a de nouveau placé l’intelligence artificielle parmi les grands sujets de notre époque. À l’Élysée puis à l’UNESCO, il a défendu une position désormais bien établie depuis sa première encyclique : l’IA peut être utile, mais elle ne doit ni remplacer le jugement humain ni devenir un pouvoir qui échappe à notre contrôle.
Sa position est plus nuancée qu’un simple rejet de la technologie. Léon XIV parle même de la nécessité de « désarmer » l’intelligence artificielle, une formule qu’il emploie pour dénoncer la course à la puissance technologique, économique et militaire.
En France, Léon XIV met en garde contre un « paradis de machines »
Lors de son discours à l’Élysée le 25 septembre 2026, Léon XIV a expliqué pourquoi l’intelligence artificielle occupait une place importante dans sa première encyclique, Magnifica Humanitas.
Son objectif est de « replacer la personne humaine au cœur de toute réflexion » sur l’IA. Il met notamment en garde contre le risque de perdre une partie de notre humanité au milieu d’un « paradis de machines » qui conditionnent progressivement notre quotidien.
Le problème qu’il décrit ne vient pas de l’existence des machines elles-mêmes. Il concerne la place que nous leur accordons dans nos décisions, notre manière de penser et notre organisation sociale.
Léon XIV défend pour cette raison une formation au discernement éthique : apprendre à utiliser les systèmes automatisés tout en conservant la capacité humaine de décider ce qui est moralement acceptable.
À l’UNESCO, le pape distingue information et intelligence
Quelques heures plus tard, au siège parisien de l’UNESCO, Léon XIV a développé un autre aspect de sa réflexion.
Les outils numériques permettent de produire et de transmettre une quantité immense d’informations. Pour le pape, cette abondance ne produit pas automatiquement davantage de vérité ou de sagesse.
Il applique le même raisonnement à l’intelligence artificielle : un système peut corréler d’énormes quantités de données sans comprendre le sens de l’existence humaine. Une IA n’a aucune expérience vécue sur laquelle s’appuyer pour répondre aux questions liées au sens, à la souffrance, à la responsabilité ou aux relations humaines.
Léon XIV s’inquiète aussi de l’effet amplificateur de l’IA sur la désinformation. Il soutient dans ce contexte les initiatives d’éducation aux médias et aux outils numériques développées par l’UNESCO.
Pour Léon XIV, une IA n’est pas une intelligence humaine
Cette distinction occupe une place centrale dans Magnifica Humanitas, l’encyclique publiée en mai 2026 et consacrée à la protection de la personne humaine face à l’intelligence artificielle.
Léon XIV reconnaît que les systèmes d’IA peuvent dépasser les humains en vitesse de calcul, en traitement de données ou dans certaines tâches spécialisées. Il refuse en revanche d’en déduire qu’ils possèdent une intelligence comparable à la nôtre.
Une IA ne possède selon lui ni expérience vécue, ni corps, ni conscience morale. Elle ne connaît pas la joie, la douleur, l’amitié ou la responsabilité. Elle traite des données sans avoir à assumer les conséquences de ses décisions.
Cette différence explique une grande partie de ses positions sur l’automatisation. Confier entièrement à un algorithme une décision concernant l’emploi, le crédit, la réputation ou l’accès à un service revient à attribuer un pouvoir social à un système incapable de jugement moral.
Pourquoi Léon XIV veut-il « désarmer » l’intelligence artificielle ?
La formule la plus forte de Léon XIV apparaît dans Magnifica Humanitas : l’intelligence artificielle doit être « désarmée ».
Le pape ne propose pas d’abandonner l’IA. Il explique explicitement que « désarmer » signifie empêcher la puissance technique de devenir automatiquement une source de pouvoir économique, politique ou militaire.
Il vise notamment la course entre entreprises et États pour obtenir les modèles les plus performants, les plus grandes quantités de données et les infrastructures les plus importantes. Une concentration excessive de ces capacités peut selon lui placer une partie du pouvoir technologique entre les mains de quelques acteurs.
Lors de la présentation de son encyclique le 25 mai 2026, il a rapproché cette réflexion de celle menée autour du nucléaire : une technologie ayant des conséquences majeures sur les populations doit rester soumise à la responsabilité humaine et à un contrôle public.
Il insiste également sur les armes autonomes et refuse que des décisions mortelles ou irréversibles soient entièrement confiées à des systèmes artificiels.
Léon XIV n’est pas opposé à l’utilisation de l’IA
Léon XIV écrit que les bénéfices de l’intelligence artificielle dans certains domaines sont évidents. Il considère aussi que le développement technologique peut constituer une forme de participation humaine à la création.
Sa critique vise davantage la délégation excessive de responsabilités que l’outil lui-même. Il demande aux développeurs de considérer les conséquences humaines de leurs choix techniques et de rendre leurs systèmes plus transparents et contestables.
Il aborde également un sujet plus matériel : l’impact environnemental des grands modèles. L’entraînement et l’utilisation de ces systèmes nécessitent des centres de données, de l’électricité, de l’eau et des infrastructures importantes. Il appelle donc aussi à développer des technologies moins gourmandes en ressources.
Sa formule de mai résume assez bien cette position : « N’ayons pas peur de l’intelligence artificielle, mais gardons toujours à l’esprit la question de l’humain. »
Même les prêtres sont invités à ne pas déléguer leur travail à ChatGPT
La position de Léon XIV se retrouve jusque dans des usages beaucoup plus ordinaires de l’IA générative.
En février 2026, lors d’une rencontre avec le clergé du diocèse de Rome, il a demandé aux prêtres de résister à la tentation de préparer leurs homélies avec l’intelligence artificielle.
Son argument ne concerne pas une interdiction générale des outils numériques. Il compare l’intelligence humaine à un muscle qu’il faut continuer à exercer. Une homélie implique également selon lui une expérience personnelle de la foi qu’une machine ne peut pas partager.
Ce petit exemple résume finalement une grande partie de sa doctrine sur l’IA : l’automatisation devient problématique lorsqu’elle nous conduit à abandonner une capacité humaine que nous devrions continuer à exercer.
Une position qui place surtout la responsabilité sur les humains
Les discours de Léon XIV ne décrivent pas l’intelligence artificielle comme une entité autonome qu’il faudrait combattre. La responsabilité reste chez les humains qui développent, déploient, possèdent et utilisent ces systèmes.
Ses prises de position reviennent régulièrement aux mêmes limites : ne pas confondre calcul et conscience, conserver un responsable humain pour les décisions importantes, empêcher une concentration excessive du pouvoir technologique, protéger les personnes concernées par les algorithmes et continuer à exercer nos propres capacités intellectuelles.
Son passage en France confirme que l’IA n’est pas pour lui un sujet secondaire lié uniquement aux nouvelles technologies. Il la rattache désormais directement à des questions beaucoup plus larges de liberté, de dignité, d’éducation, de pouvoir et de responsabilité.
Sources
- Vatican, discours de Léon XIV à l’Élysée, 25 septembre 2026 : discours aux autorités françaises dans lequel Léon XIV évoque le « paradis de machines » et la nécessité de replacer l’humain au centre de la réflexion sur l’IA.
- Vatican, discours de Léon XIV à l’UNESCO, 25 septembre 2026 : réflexion sur l’information, la vérité, l’éducation aux médias et les limites de l’intelligence artificielle face aux questions de sens.
- Vatican, encyclique Magnifica Humanitas, 15 mai 2026 : première encyclique de Léon XIV, consacrée à la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle.
- Vatican, présentation de Magnifica Humanitas, 25 mai 2026 : discours dans lequel Léon XIV développe sa formule sur la nécessité de « désarmer » l’intelligence artificielle.
- Vatican, rencontre avec le clergé de Rome, 19 février 2026 : Léon XIV demande notamment aux prêtres de ne pas déléguer la rédaction de leurs homélies à l’IA.
Le pape Léon XIV est-il opposé à l’intelligence artificielle ?
Non. Léon XIV reconnaît les bénéfices possibles de l’intelligence artificielle, mais demande que son utilisation reste soumise au jugement humain, à des règles éthiques et à une responsabilité clairement identifiable.
Pourquoi Léon XIV veut-il « désarmer » l’intelligence artificielle ?
Pour Léon XIV, « désarmer » l’IA ne signifie pas l’interdire. Il veut la libérer des logiques de domination économique, géopolitique ou militaire et empêcher que la puissance technique donne automatiquement du pouvoir à ceux qui la contrôlent.
Que pense Léon XIV de l’intelligence artificielle et de l’intelligence humaine ?
Léon XIV considère que les IA peuvent dépasser les humains pour certains calculs ou traitements de données, mais qu’elles ne possèdent ni expérience vécue, ni conscience morale, ni capacité à comprendre le bien et le mal comme une personne humaine.
Qu’a dit Léon XIV sur l’IA lors de sa visite en France ?
À Paris le 25 septembre 2026, Léon XIV a mis en garde contre un « paradis de machines » susceptible de conditionner notre quotidien. À l’UNESCO, il a rappelé qu’une IA peut traiter des données sans pouvoir répondre aux questions concernant le sens de la vie humaine.





